Atelier de travail
stratégique du NEPAD sur les besoins en eau de lAfrique : Les
experts internationaux se réuniront au Sénégal
Un atelier continental visant à mettre en place
les centres dexcellence du NEPAD sur les sciences et les technologies
relatives à leau aura lieu du 11 au 14 avril 2005 à Dakar,
au Sénégal. Cet atelier servira de plateforme pour créer
un réseau de projets et dinstitutions scientifiques de pointe,
en vue de relever les défis spécifiques relatifs à leau.
Latelier est organisé par le Secrétariat du NEPAD en
collaboration avec l Institut de recherche pour le développement
(IRD), lInstitut royal des affaires internationales (Royal Institute
for International Affairs ou RIIA) et lInstitut International de gestion
des ressources en eau (IWMI).
Il est censé élaborer un plan détaillé pour la
mise en uvre du programme phare du NEPAD relatif aux sciences et aux
technologies de leau. Latelier réunira des gouvernements,
des universitaires et dautres experts africains et internationaux.
Ces objectifs spécifiques seront les suivants :
examiner les tendances mondiales en matière de développement
relatif aux sciences et aux technologies de leau, et identifier les
possibilités spécifiques pour répondre aux problèmes
deau en Afrique ;
identifier les institutions et les programmes de pointe voués aux
questions relatives aux sciences de leau et à linnovation
;
identifier et sinspirer de lexpérience des réseaux
dexcellence en matière de sciences de leau dEurope,
dAsie, des Etats Unis ainsi que dautres régions.
identifier et proposer des activités ou des projets de recherche scientifique
et dinnovation technologique que les pays Africains devraient élaborer
et mettre en uvre de façon collective par le biais du NEPAD ;
proposer des moyens spécifiques pour la mise en place dun réseau
de centres dexcellence consacrés aux sciences de leau en
vue de la mise en uvre des activités et des projets ;
voir comment les centres dexcellence du NEPAD peuvent sinspirer
au mieux de lexpertise internationale des universitaires, des secteurs
public et privé au travers de réseaux et de programmes déchanges,
etc., et
identifier des mécanismes spécifiques pour le financement des
centres dexcellence du NEPAD ainsi quun programme phare pour les
sciences et les innovations relatives à leau.
Le rapport de la commission de M. Blair soutient le NEPAD et l’Union Africaine
La Commission pour l’Afrique, un groupe de 17 individus réunis l’année dernière
par le Premier Ministre de Grande-Bretagne, M. Tony Blair, vient de publier
son premier rapport, dont voici un extrait tiré de l’introduction : L’année
qui s’annonce sera d’une très grande importance pour l’Afrique. En 2005, le
Monde évaluera les progrès effectués en ce qui concerne l’engagement remarquable
que celui-ci s’est imposé en 2000. Les Objectifs de Développement du Millénaire
avaient pour but la réduction de moitié de la pauvreté d’ici l’an 2015. Mais
nous avons maintenant parcouru un tiers du parcours, et les pays riches ne
respectent pas cet engagement envers le monde pauvre. Cela ne peut être plus
clair qu’en Afrique, où le Monde a le moins tenu ses solennelles promesses.
Nous devons agir maintenant pour changer la situation. Mais tout n’est pas
négatif. Car 2005, c’est également l’année où il deviendra clair au monde
extérieur que les choses sont en train de changer sur le continent – les gouvernements
africains affichent une nouvelle vision, à la fois individuellement et en
travaillant ensemble par le biais de l’Union Africaine et de son programme
du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD). Il semblerait
qu’enfin, l’Afrique va pouvoir réussir. Pauvreté et inertie – les plus grandes
tragédies de notre temps Le rapport d’activité sommaire du rapport en question
indique les éléments suivants : La pauvreté et l’inertie sur le continent
africain sont la plus grande tragédie de notre époque. La pauvreté, à une
telle échelle, exige une réaction forte. Et l’Afrique – aux niveaux national,
régional et continental – crée actuellement des fondations beaucoup plus solides
pour résoudre ses propres problèmes. On a pu voir lors des dernières années
des améliorations dans la croissance économique et dans le domaine de la gouvernance.
Cependant, l’Afrique doit posséder davantage de ces deux éléments afin de
résoudre le problème de la pauvreté. Il faut pour ce faire un partenariat
entre l’Afrique et le monde industrialisé ; ce partenariat devra prendre en
compte la diversité et les circonstances particulières du continent. L’Afrique
doit pour sa part accélérer ses réformes ; le monde développé doit augmenter
et améliorer son assistance – et il doit également cesser de prendre des décisions
qui freinent les progrès de l’Afrique. Les actions proposées par la Commission
constituent un ensemble cohérent pour le continent. Les problèmes qu’elles
entendent traiter sont liés intimement entre eux et doivent être envisagés
dans leur ensemble. Pour ce faire, l’Afrique doit montrer un regain d’énergie
complet et simultané sur plusieurs fronts. Les partenaires doivent œuvrer
ensemble pour mettre en place cet ensemble d’actions avec engagement, persévérance
et diligence ; chacun de ces partenaires se concentrera activement sur la
manière dont ils peuvent apporter leur contribution. Des systèmes fonctionnant
de manière adéquate : gouvernance et amélioration des formations L’histoire
de l’Afrique des cinquante dernières années a été marquée par deux principales
faiblesses. Il s’agit de la formation, des compétences – la capacité à concevoir
et à mettre en pratique des politiques, des orientations - et de la responsabilité
et de l’imputabilité – c’est à dire la manière dont un état réagit aux besoins
de son peuple. Des améliorations dans ces deux domaines sont avant tout la
responsabilité des pays et peuples africains. Mais l’intervention des nations
riches est également nécessaire. La formation des individus est une activité
exigeant beaucoup de temps ainsi qu’un énorme engagement. La faiblesse des
compétences est la conséquence de systèmes et de motivations inadéquats, de
mauvaises informations, de l’incompétence technique, de personnel non formé
et de manque d’argent. Nous recommandons que les donateurs investissent massivement
pour améliorer la capacité de l’Afrique, en commençant avec son système d’éducation
supérieure, surtout dans le domaine des sciences et de la technologie. Les
donateurs doivent aider à construire des systèmes et à former du personnel
dans les gouvernements nationaux et au sein des collectivités locales, mais
également dans les organisations panafricaines et régionales, particulièrement
au sein de l’Union Africaine et de son programme NEPAD. Les donateurs doivent
changer leur attitude et doivent soutenir les priorités nationales des gouvernements
africains plutôt que de permettre à leurs propres procédures et à leur enthousiasme
spécifique de gêner la construction de la capacité d’un pays. L’amélioration
de l’imputabilité, où de la notion de responsabilité, est la tâche des dirigeants
africains. Ces derniers peuvent accomplir ceci en accueillant la participation
des individus ordinaires au niveau des processus gouvernementaux, en renforçant
par exemple les institutions telles que les parlements, les collectivités
locales, les syndicats, le système judiciaire et les médias. Les donateurs
peuvent contribuer à ce processus également. Ils peuvent de même aider à concevoir
des processus budgétaires responsables afin que les Africains puissent voir
comment l’argent est collecté et où celui-ci est dirigé. Sans progrès dans
le domaine de la gouvernance, toutes les autres réformes n’auront qu’une incidence
limitée. Paix et Sécurité : des besoins primordiaux Le cas le plus extrême
d’échec de la gouvernance, c’est la guerre. L’Afrique a connu plus de conflits
violents que tout autre continent lors des quatre dernières décennies. La
situation s’est améliorée dans de nombreux pays, mais les conflits violents
sont ailleurs le plus important obstacle au développement. Investir dans le
développement, c’est investir dans la paix. La manière la plus efficace de
traiter les conflits – pour épargner des vies et de l’argent – est de former
les sociétés et états africains afin de prévenir et de gérer les conflits.
Cela signifie qu’il s’agit d’utiliser l’aide de meilleure manière pour traiter
les causes du conflit. Les organisations régionales africaines et l’ONU peuvent
aider à prévenir et à résoudre les conflits lorsque les tensions ne peuvent
plus être gérées au niveau national, par le biais par exemple de mécanismes
d’alerte précoce efficaces, par la médiation et par la maintenance de la paix.
Les donateurs peuvent soutenir ceci en fournissant un financement flexible
à l’Union Africaine et aux organisations régionales du continent ; ils pourront
également soutenir la création d’une commission de construction de la paix
de l’ONU. La coordination et le financement du développement et des activités
de construction de la paix dans l’après-conflit doivent être améliorés afin
de prévenir toute rechute chez les états sortant d’un conflit violent,. Ne
laissons personne derrière : investir dans les individus La pauvreté, c’est
bien plus qu’un manque de choses matérielles. Les individus démunis sont exclus
du processus de prise de décision et des services essentiels que l’état se
doit de pourvoir. Les écoles et cliniques doivent être mises à disponibilité
des individus les plus défavorisés du continent. Il s’agit là d’une question
vitale relative aux droits essentiels de l’homme et à la justice sociale.
Mais c’est également un principe économique logique : une main d’œuvre qualifiée
et en bonne santé est plus productive, et réalise son potentiel avec dignité.
Investir dans la croissance économique, cela signifie reconstruire les systèmes
de l’éducation et de la santé africains, qui sont en majeure partie sur le
point de fermer leurs portes. Cela exige un financement important, mais ce
n’est pas seulement une question de ressources. Il s’agit aussi de la réalisation,
des résultats, qui sont incroyablement renforcés lorsque les communautés locales
participent aux décisions qui les touchent. Financer de manière adéquate l’engagement
de la communauté internationale envers La Formation pour Tous permettra à
tous les garçons et filles de l’Afrique subsaharienne d’avoir accès à une
formation essentielle qui les équipera des compétences pertinentes pour l’Afrique
d’aujourd’hui. L’élimination de maladies évitables en Afrique dépend par-dessus
tout de la reconstruction des systèmes pour fournir au public des services
de santé afin de traiter efficacement des maladies telles que la tuberculose
et le paludisme. La création des services nécessaires au traitement de la
catastrophe du VIH/SIDA, qui tue davantage d’individus en Afrique que dans
le reste du monde, doit être une priorité absolue. Mais cela doit être effectué
par les systèmes déjà en place et non par la création de nouveaux systèmes
parallèles. Presque la moitié de l’aide supplémentaire que nous recommandons
devrait être réservée à la santé, à l’éducation et au VIH/SIDA. Vers la croissance
et la réduction de la pauvreté L’Afrique est en fin de compte pauvre car son
économie n’a pas connu de croissance. Les secteurs public et privé doivent
travailler ensemble pour créer un environnement propice à la libération du
potentiel d’entreprise des peuples d’Afrique, pour générer des emplois et
encourager les individus et compagnies, domestiques et étrangers, à investir.
Des changements dans la gouvernance sont nécessaires pour rendre ce climat
d’investissement plus fort. Le monde industrialisé doit soutenir le Programme
du NEPAD de l’Union Africaine afin de bâtir des partenariats public-privé,
afin de créer un climat plus propice à la croissance, à l’investissement et
à l’emploi. La croissance exigera également un massif investissement dans
l’infrastructure pour détruire les barrières internes qui retiennent le potentiel
de l’Afrique. Les donateurs devraient financer le dédoublement des dépenses
réservées à l’infrastructure – des routes rurales et petits systèmes d’irrigation
aux autoroutes régionales, chemins de fer, grandes centrales d’énergie et
Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Cet investissement
doit inclure à la fois le développement rural et l’amélioration des bidonvilles
sans lesquels les individus défavorisés d’Afrique ne sauront participer à
la croissance. On se concentrera en particulier sur l’agriculture et sur l’aide
aux petites entreprises, et surtout sur les femmes et les jeunes. Afin que
la croissance soit durable, la protection de l’environnement et le traitement
des risques liés aux changements climatiques devront faire partie des programmes
des donateurs et gouvernements. Ce programme pour la croissance occupera plus
d’un tiers des ressources supplémentaires que nous proposons. Davantage de
commerce…mais un commerce plus juste L’Afrique est confrontée à deux contraintes
principales en ce qui concerne le commerce. Le continent ne produit pas assez
de biens – de qualité appropriée ou au prix adéquat – pour lui permettre de
pénétrer les marchés mondiaux. Il existe par ailleurs des obstacles commerciaux
infranchissables qui, directement ou indirectement, prélèvent un impôt sur
les biens du continent lorsque ceux-ci accèdent aux marchés des pays développés.
Afin d’améliorer sa capacité commerciale, l’Afrique doit effectuer des changements
de manière interne. Le continent doit améliorer son infrastructure de transport
pour réduire le prix des biens à expédier. Les systèmes de tarifs doivent
être amoindris et simplifiés entre les pays africains. La bureaucratie excessive,
les lourdes procédures douanières ainsi que la corruption des fonctionnaires
doivent faire l’objet d’une réforme. L’ouverture d’entreprises doit être facilitée.
L’intégration économique doit être améliorée au sein des communautés économiques
régionales du continent. Les donateurs peuvent aider à financer ces changements.
Cependant, les nations riches doivent également supprimer les barrières qu’elles
ont érigées contre les biens africains, particulièrement dans le domaine de
l’agriculture. Ces barrières blessent les citoyens des pays riches et pauvres.
Les pays riches doivent abolir les primes commerciales injustes qui leur sont
versées pour l’agriculture et pour le commerce agricole et qui leur donnent
un avantage injuste par rapport aux fermiers africains démunis. Ces pays doivent
abaisser les barrières relatives aux tarifs ou non en ce qui concerne les
produits africains : il s’agit par exemple de cesser l’application bureaucratique
des règles de l’origine, qui excluent les biens africains des préférences
qui leur sont réservées. D’où viendra l’argent : les ressources Pour soutenir
les changements qui ont débuté en Afrique, nous demandons 25 milliards de
dollars américains supplémentaires par an pour l’aide, et ce avant l’an 2010.
Les pays donateurs devront s’engager immédiatement pour fournir leur contribution.
Sous réserve de l’évaluation des progrès effectués alors, une seconde étape
serait mise en place et impliquerait 25 milliards de dollars américains supplémentaires
par an, pour 2015. S’assurer que l’argent sera bien dépensé dépend de deux
facteurs. Tout d’abord, la bonne gouvernance en Afrique doit poursuivre ses
progrès. Deuxièmement, les donateurs devront cependant améliorer la qualité
de l’aide et la manière dont celle-ci est distribuée : cela signifie davantage
de dons, une aide plus prévisible et moins liée, ainsi que des processus de
dons moins lourds par rapport aux administrations déjà surchargées des pays
africains. Tout ceci doit également mieux être harmonisé avec l’aide d’autres
donateurs et avec les priorités, procédures et systèmes des gouvernements
africains. Ces dons doivent par-dessus tout être fournis d’une manière à ce
que les gouvernements soient responsables principalement envers leur propre
peuple. Ces changements sont nécessaires non seulement en ce qui concerne
les nations donatrices individuelles mais aussi pour les institutions multilatérales
– africaines et autres. La Banque pour le Développement Africain doit être
renforcée et le rôle de la Commission Economique Africaine élargi. Le FMI
et la Banque Mondiale doivent placer le développement de l’Afrique en priorité
absolue. Ces deux institutions doivent également commencer à être davantage
responsables envers leurs actionnaires et leurs clients ; elles doivent également
donner à l’Afrique une voix plus forte dans leur processus de prise de décision.
Les pays riches devront s’engager pour un calendrier visant un don de 0,7
pour cent de leurs revenus annuels en assistance. Afin de fournir la masse
critique d’aide dont le continent a actuellement besoin, cette aide sera fournie
directement par la mise en œuvre immédiate des Ressources Financières Internationales.
Pour les pays pauvres de l’Afrique subsaharienne qui en ont besoin, l’objectif
doit être l’annulation à 100% de la dette aussitôt que possible. Cela doit
faire partie de l’ensemble financier destiné à ces pays – dont ceux qui sont
exclus des systèmes de dettes actuels – afin que nous puissions atteindre
les Objectifs de Développement du Millénaire, comme cela l’a été promis à
Monterrey et à Kananaskis. Des actions audacieuses ; un nouveau type de partenariat
Des actions complètes et audacieuses à l’échelle nécessaire pour affronter
ces défis ne peuvent être effectuées que par un nouveau type de partenariat.
Dans le passé, des approches contractuelles et conditionnelles ont été essayées
et ont échoué. Nous suggérons un nouveau type de développement fondé sur une
solidarité et un respect mutuels, et ancrés dans une analyse appropriée de
ce qui fonctionne en réalité. Cela peut accélérer les progrès, en utilisant
les récents développements positifs apparus en Afrique, vers un monde juste
dont fait partie l’Afrique. Lors d’un entretien qui a eu lieu à Johannesburg
le 28 février, Hilary Benn, ministre britannique du développement international
et membre de la Commission pour l’Afrique, a déclaré que le but du rapport
de la Commission était de « soutenir et d’apporter un complément au travail
de l’UA et du NEPAD ».